Une histoire, ça devrait se découvrir. Chaque ligne est une surprise que le lecteur s'empresse de dévorer. Chaque idée a été conçue minutieusement, avec précision. Résumer mon histoire serait gâcher ce plaisir de toucher de la langue un nouveau goût. Gâcher le lever d'un voile différent à chaque page. Je vais simplement vous donner quelques indications, pour entrer dans mon récit, comme dans un bain moussant d'eau agréablement chaude. Commencez par laisser glisser sur vous un voile de rêve, de fantaisie. Saupoudrez vos cils de magie. Ecoutez une musique calme, angélique. Pensez à une vielle maison, à la lisière d'une forêt. Un soleil qui traverse des rideaux de dentelles et de lin. Une jeune fille, lit un livre. Un vieux livre. On ne sait pas de quoi ça parle. Mais c'est étrange...

Une histoire, ça devrait se découvrir. Chaque ligne est une surprise que le lecteur s'empresse de dévorer. Chaque idée a été conçue minutieusement, avec précision. Résumer mon histoire serait gâcher ce plaisir de toucher de la langue un nouveau goût. Gâcher le lever d'un voile différent à chaque page. Je vais simplement vous donner quelques indications, pour entrer dans mon récit, comme dans un bain moussant d'eau agréablement chaude. Commencez par laisser glisser sur vous un voile de rêve, de fantaisie. Saupoudrez vos cils de magie. Ecoutez une musique calme, angélique. Pensez à une vielle maison, à la lisière d'une forêt. Un soleil qui traverse des rideaux de dentelles et de lin. Une jeune fille, lit un livre. Un vieux livre. On ne sait pas de quoi ça parle. Mais c'est étrange...
Alise se leva. Elle venait de passer une nuit horrible. Chaude, lourde de cauchemars insensés. Elle essuya son front en sueur. Elle arrangea sa chemise de nuit froissée, qui avait tourné dans son sommeil. La jeune fille se planta devant le miroir de la chambre. Le soleil était sans doute levé depuis longtemps, à en juger par la luminosité de la pièce.
Le vieux parquet grinça à chacun des pas de la jeune fille. Il y avait tellement de poussière qu'elle laissait une trace à chaque fois. Elle tourna la tête vers le reste de la pièce, avant de se contempler dans la glace. La chambre était tout simplement vieille. Inhabitée depuis des lunes. La grande armoire était restée entrouverte et poussiérieuse, comme la dernière fois. On ne voyait presque plus le tapis, sous le lit en fer forgé. Sa couleur avait terni, et elle se fondait dans le bois du sol. Les poutres du plafond abritaient des colonies d'araignées, ainsi que leurs toiles. Mais Alise aimait bien ce décor. Surtout à cette heure-ci, juste avant midi. Les rayons du soleil avaient envahi la pièce, et dansaient lentement, mielleusement sur le sol. Les stores de dentelle, à moitié descendus sur les fenêtres, étouffaient la lumière aveuglante de l'astre du jour, la moitié de la chambre étant encore cammouflée par l'ombre et la fraîcheur de la nuit. La jeune fille regarda son reflet. Ses longs cheveux d'une couleur caramel tombaient en cascade le long de sa silhouette, ornant sa descente de hanches de boucles souples et harmonieuses. Quelques mèches, plus courtes et rebelles, encadraient son visage en coeur, le menton pointu, les joues hautes et arrondies, le front petit. Alise se regarda dans les yeux. Elle défia son propre regard, ses prunelles vertes, colorées vivement, et saupoudrée de quelques tâches dorées. Le contour de ses pupilles étaient plus foncé, comme si ses yeux voulaient parraître de plus en plus mystérieux. Elle fronça ses sourcils fins, et remarqua de petits plis, sur le haut de son nez. Un nez tout petit, un peu pointu, un peu relevé, concave. Un nez de lutin, ou de farfadet. Cela la fit sourire. Ses dents blanches captèrent son attention. Elle contempla sa bouche en coeur, les lèvres légèrement pulpeuses, les contours fins et fragiles, dessinés à la perfection.
Elle soupira. Puis sortit de la chambre en traînant le pas. Les marches de l'escalier grinçaient. La jeune fille essayait de faire le moins de bruit possible. Son oncle dormait encore. Il dormait toujours. C'est d'ailleurs pour cela qu'Alise aimait bien venir passer quelques vacances ici, seule avec lui. Elle avait le libre arbitre, personne ne lui donnait d'ordre ou de recommandation. La liberté absolue. Elle enjamba la dernière marche, et fila dans la cuisine. A peine levée, elle avait déjà faim. C'était pas de sa faute, ou pas tout à fait, si elle adorait manger. Elle était comme ça, et elle le vivait bien. Elle se servit un immense bol de céréales au chocolat et sortit le manger dans le jardin.
Ca n'était pas vraiment un jardin, d'ailleurs. Plutôt une vaste prairie, perdue au milieu de bosquets, champs, forêts et rivières qui s'étendaient à des kilomètres à la ronde. Alise aimait cet endroit plus que tout. Aucune voiture n'y passait. Aucun poteau électrique ne suspendait des fils à haute tension. Aucune antenne, parabole, éolienne ne s'imposaient dans le paysage. Il y avait simplement la nature, avec un long chemin, celui qui menait à la vieille maison de l'oncle Ben. Celui-ci n'avait d'ailleurs pas de véhicule à moteur. Il n'utilisait que sa petite voiture à atteler, que tirait une massive ponette haflinger. Elle s'appelait Ginger.
Alise se croyait dans le scénario d'un film, ou dans une histoire de conte de fée, à chaque fois qu'elle venait ici. C'était reposant, d'ailleurs. S'éloigner ainsi du quotidien, quitter les rues puantes et grouillantes de Toulouse. Son été s'annonçait bien. Le soleil pointait déjà le bout de son nez, et, en face de la jeune fille, les crins de Ginger, dans son pré, renvoyaient comme un miroir les rayons dorés de l'astre du jour.




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Cyrille S.
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# Posté le jeudi 02 juillet 2009 20:06

Modifié le samedi 21 novembre 2009 15:05

Alise adorait se perdre dans cette vieille maison. Celle-ci était tellement grande que la jeune fille n'en connaissait pas toutes les pièces. Elle avançait, souriante, le long des murs gris et bruns, dépourvus de fenêtre. Elle avait découvert ce couloir en passant derrière le meuble haut de la cuisine, celui ou l'oncle Ben rangeait la vaisselle. Et l'argenterie. Elle marchait sans réfléchir, elle ne voulait pas imaginer ce que la maison abritait, comme secrêts. Elle préférait le découvrir.
Le couloir tournait brusquement. Et donnait tout aussi brusquement sur un cul-de-sac. Un mur lisse et noir ornait la fin de l'aventure. Alise soupira. Puis apperçut, en baissant la tête, un gros livre, comme un grimoire. Elle le souleva. De la poussière en tomba, dégringolant dans une cascade silencieuse. Elle souffa dessus, pour regarder les inscriptions, sur la couverture. Il y avait marqué, en grosses lettres noires, écrites à l'encre : "Registre des Gens Oubliés".
Alise était intriguée. Elle se demandait bien ce qu'était ce "Registre" étrange, et surtout ce qu'il faisait dans un endroit pareil, à savoir : le passage secrêt du meuble haut de la cuisine. Elle ouvrit le gros livre, tout en s'asseyant dans le couloir. Il avait beau être sombre, noir et sans aucune lumière, Alise y voyait comme en plein jour. Elle ne prêta aucune attention à ce paradoxe. Elle était bien trop hypnotisée par le Registre.
Les pages étaient lourdes, et vieilles. Jaunies par le temps, elle ressemblaient à des parchemins. L'écriture était gothique, grande, les premières lettres énormes, décorées d'enluminures étranges et sans forme, aux couleurx ternies. Des noms, parfois bizarres, figuraient sur les premières pages. Les autres étaient vides. Alise lu :

__________"La Petite Fille du Chapelier,_____________________
__________Le Croque-Mort,____________________________________
__________Le Ptit T'homme,___________________________________
__________La Vieille Dame qui dansait le Swing,______________
__________La Dame Solitude,__________________________________
__________La Dame-pipi.______________________________________


Elle tourna la page.

__________"Le Bourreau,______________________________________
__________Le groupe country des <<Little's Man>> et leur tube :
____________________I say goodbye,___________________________
__________Marie-Christine de Pompadour,______________________
__________Le Vendeur d'Orviétans,____________________________
__________Les Matelots."_____________________________________


Alise chercha désespérément d'autres indices sur les pages suivantes. Un éditeur, un auteur, quelque chose. Mais elle ne trouva rien. Perplexe, mais pas moins décidée de mener une enquête, elle se leva, serra le Registre contre elle, et revint le poser dan sa chambre. Sous le lit, là où son oncle ne le trouverait pas (aucun risque : il ne faisait jamais le ménage. Et était bien trop fénéant pour avoir ne serait-ce que l'idée de se baisser pour regarder sous les sommiers.). Puis elle se dépêcha de revenir à nouveau dans le couloir secrêt, pressée de découvrir d'autres choses encore. Bien qu'elle se doutait que cette partie, à présent explorée, de la maison, ne recouvrait pas d'autres mystères. Il lui faudrait chercher ailleurs. Mais ce qui lui importait pour l'instant, c'était de revenir dans ce couloir, étrange et marquant. Elle s'engouffra dans l'étroit passage. Puis s'arrêta.
- Alise ?
Crotte. Oncle Ben s'est reveillé. Vite, la jeune fille fit demi tour, et elle s'affaira dans la cuisine, improvisant une salade aux mille saveurs. Elle enfila en vitesse un tablier qui traînait sur l'étendoir à chiffons, versa un peu d'huile sur l'établi, et fit couler de l'eau dans l'évier, en y fourrant une grosse laitue.
Oncle Ben arriva, lassement, lourdement, dans la cuisine, en se grattant le menton. Son short deux fois trop grand pour ses jambes aigrelettes était froissé, plié dans tous les sens, une manche plus courte que l'autre. Son marcel s'était retourné pendant la nuit, et Alise dû se retenir de rire quand elle vit l'étiquette se pointer hors du vêtement, juste sous le menton de son oncle.
Oncle Ben n'avais pas vraiment un physique très avenant. Menu, mais sportif, couvert de poils noirs tel un gorille, il avait un visage très carré, encombré d'une barbe et d'une moustache rebelles, brunes. Des sourcils hirsutes et épais ombraient ses petits yeux noirs, perçants. On ne voyait pas sa bouche. Mais on ne pouvais pas louper son gros nez, gras et boutonneux, rougi par le vin.
- Bonjour, oncle Ben ! Je prépare le déjeuner !
Il grogna. Alise y était habituée, c'était pratiquement son seul moyen de communication. Dans sa tête, elle ne l'appelait même pas "Oncle Ben", mais "Ours Ben". Aussi grincheux, aussi paresseux, et aussi poilu. Mais pas aussi gros. En fait, c'est Ours Ben au régime.
Il s'assit à la petite table de cuisine, attrappa un journal (vieux d'une semaine) et lu silencieusement. Puis il grogna de nouveau.
- Le facteur est mort ! Ca pour une nouvelle.
Alise haussa un sourcil. Mais ne préféra rien dire. Il ne fallait pas le fâcher, ni même le contredire. Il était extrêmement succeptible. Alors tant pis pour le facteur.
Oncle Ben regarda sa nièce, dans l'attente d'une réponse. Celle-ci se tourna vers lui, un large sourire au lèvre. Qu'elle effaça aussitôt. Elle acquièça, l'ar désolé. Ben se renfrogna, glissant un petit :
- Grmbl..
Et se replongea dans son journal. Alise, qui avait un peu pâli, repris vivement des couleurs, prépara en vitesse deux toast beurrés, y grilla deux oeufs, et les tendit à son oncle dans une assiette.
- Bon appétit !
Elle jeta le tablier sur le dossier de la chaise, embrassa son oncle sur la joue et fila à toute allure dans sa chambre. Elle se mit à quatre pattes, et tira le gros Registre vers elle. Elle le feuilleta à nouveau, mais n'y découvrit rien de plus. C'était à la fois décevant, et rassurant. Elle ignorait encore pourquoi. Ne sachant que faire d'autre, elle reposa le livre sous le sommier. Elle attendrait que Ours Ben aille faire sa sieste. Et elle repartirai à la recherche de choses dont elle ignorait tout.

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 17:28

Modifié le samedi 21 novembre 2009 15:04




EN PAUSE


Je suis d'abord ici & .
Je continue ici plus tard. J'ai besoin d'un collaborateur que je dois rencontrer d'ici Octobre.
Merci de votre compréhension.

# Posté le mercredi 19 août 2009 07:32